Lors d’une conférence de presse spéciale tenue le mercredi 9 novembre, le président tchèque Miloš Zeman a exprimé «sa joie énorme» face à la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle aux États-Unis.

Il a souligné qu’il avait été «l’un des rares hommes politiques européens» à soutenir ouvertement le candidat républicain. Et, en effet, en septembre dernier, lors d’une interview pour un journal tchèque, le président Zeman a déclaré : «Sans vouloir me mêler des affaires des États-Unis, je dois dire que si j’avais été citoyen américain, j’aurais voté Donald Trump.»

Hormis cette déclaration quasi officielle, Miloš Zeman était maintes fois intervenu en faveur du candidat Trump, tout en n’oubliant pas de jeter de l’opprobre sur la candidate démocrate. Il y a encore quelques jours, lors d’un meeting organisé dans la ville d’Orlová, en Silésie tchèque, le président tchèque a repris cette blague très rigolote de Donald Trump sur Hillary Clinton, cette «femme incapable de satisfaire son mari et qui souhaiterait satisfaire l’Amérique».

Au lendemain de l’élection américaine, le sourire satisfait du président tchèque derrière son micro en disait long sur son humeur triomphale. Dans son for intérieur, il devait se dire que peut-être – qui sait ? – son propre soutien avait fait pencher la balance du côté du candidat Trump.

«La pseudo-élite hautaine» en ligne de mire du porte-parole présidentiel

Dans sa lettre de félicitations adressée au candidat élu, le président tchèque se vante de se faire traiter par la presse de «Donald Trump tchèque» et l’invite d’emblée en visite officielle en Tchéquie. La source de cette précipitation, il faut la chercher dans l’isolement de Miloš Zeman sur la scène internationale. À cause de ses propos antimusulmans et de ses prises de positions pro-Poutine, les chancelleries occidentales ont fini par mettre au ban l’actuel chef de l’État tchèque. Aujourd’hui, ce dernier espère y échapper en nouant un lien d’amitié «entre parias» avec le futur président américain. Grâce à sa première femme qui était tchèque, Donald Trump sait au moins situer ce petit pays européen sur un globe ; c’est déjà ça de gagné !

Dans un statut publié le même jour sur son profil Facebook, le porte-parole présidentiel Jiří Ovčáček lui aussi jubile : «Les Américains ordinaires nous ont démontré qu’on pouvait vaincre cette coalition stratégique entre les médias mensongers et la pseudo-élite hautaine. Montrons, nous aussi, en 2018, que nous savons battre cette alliance entre les médias et la soi-disant élite.»

En 2018, il y aura l’élection présidentielle en Tchéquie où Miloš Zeman, multipliant des propos controversés et des bévues, hésitait à se représenter ; aujourd’hui, il est presque sûr qu’il le fera.

Hulala, 10. 11. 2016