Les villes tchèques découvrent la « calamité de Kubera »

  

Il neigeait toujours abondamment en hiver sur les pays tchèques. La sécurité des habitants des villes lors des tempêtes de neige a été à peu près assurée par la norme chargeant les propriétaires des maisons du maintien des trottoirs attenants en l’état. Il n’y avait rien de collectiviste sur cette règle, précédant par ailleurs l’avènement du régime communiste à Prague, juste le sens pratique : quand il neige sans cesse, la seule façon de faciliter le mouvement des piétons à travers une ville est la responsabilité partagée.

La vérification du bien-fondé de ladite norme au moyen de sa négation vient d’être faite par M. Jaroslav Kubera, sénateur de l’aile conservatrice du Parti civique démocrate (l’ODS), principal parti de droite. Argumentant par le non-respect des droits des propriétaires (Pourquoi devraient-ils être portés responsables de ce qui ne leur appartient pas ?), il a mené une campagne auprès de ses collègues parlementaires jusqu’à réussir à faire passer l’amendement d’une loi transférant la responsabilité du déblaiement des trottoirs des propriétaires de maisons aux mairies.

La droite réinvente la « brigade socialiste »

S’il misait sur le réchauffement climatique dont il nie l’existence, aux côtés du président tchèque Vaclav Klaus, alors c’est raté. Les précipitations de neige sévissent dans les villes tchèques cet hiver à des intervalles réguliers : d’aucuns continuent à déblayer les trottoirs devant leurs maisons comme ils étaient habitués à le faire depuis toujours, d’autres abandonnent. Les maires – y compris ceux du parti du sénateur Kubera – ont été les premiers à avouer l‘incapacité des municipalités de faire dégager les trottoirs pendant qu’il neige.

Du coup, marcher dans les rues des villes couvertes de bancs de neige devient une entreprise à haut risque. Pour montrer que le sort des habitants ne leur est pas indifférent, les employés de la mairie de Prague sont récemment sortis munis des pelles et, devant les caméras de télévisions convoquées pour y assister, ils ont nettoyé quelques trottoirs du centre-ville. Cette scène coquasse sous la houlette d’un maire de l’ODS n’était pas sans rappeler les fameuses « brigades socialistes » des années 1950 lorsque le régime communiste astreignait les travailleurs du tertiaire à se retrousser les manches et à aider les ouvriers et les paysans dans leur labeur.

Toutefois, le sénateur Kubera ne va participer à aucun de ces spectacles médiatiques : il est conservateur et comme tel, il ne distingue pas la pelle d’une pioche.

 

Rue 89, 19. 1. 2010

 

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3 Comments
  1. Jiří Švec permalink

    Vážený pane,
    projevil jste se jako typický český fundovaný novinář.
    Majitelé nemovitostí platí daň z nemovitosti. V případě potřeby použít chodník před vlastním pozemkem si kromě vyplněných žádostí zaplatí za veškeré použití chodníku. Uklízejí exkrementy domácích miláčků obyvatel města.
    Je logické, že když dojde k oblevě, je třeba, aby si každý chodec dával pozor, kudy chodí, především sám.
    Mám dotaz – co byste si ještě přál, aby byl povinen dělat člověk jen proto, že vlastní nemovitost?
    Mám radost, že se našel duchaplný intelektuál, který je schopen ovlivňovat veřejné mínění svými demagogickými názory v hodnotném plátku Metro.
    Čest práci, soudruhu!
    Jiří Švec

  2. OVB permalink

    « Pro mediální mrdky popátý a asi ne naposled připomínám, že v tom, čemu oni říkají « Kuberova chodníková vyhláška », není vůbec nic o tom, kdo bude uklízet chodníky. Města měla za povinnost uklízet chodníky i před Kuberou, jen zákon protiprávně delegoval odpovědnost za škody vzniklé na městském majetku na občana. Ale opakovat to je nošením dříví do lesa, opět se ukázalo, kdo se chce starat a kdo je totální lempl, kdo dovede úklid zařídit a kdo radši rozmisťuje cedule, na kterých je mezi řádky napsáno « Občane, já na tebe seru. Tvůj neschopný starosta. » Právě v nastavení zrcadla zpovykaným lokálním feudálům vidím největší přínos Kuberovy novely a tak Kubero díky. « 

  3. Martin Danes permalink

    Vážený pane, to, že mám trochu jiný názor než vy, ještě neznamená, že jsem soudruh; heslo Kdo není s námi, je proti nám, vyznávali právě komunisté – a zřejmě též vy. Dokud se v Česku nenaučíme vést normální diskusi místo toho, abychom na sebe jen řvali a vzájemně se bili klacky přes hlavy, moc daleko se nedostaneme.

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