La beauté qui résiste au temps
Kim Basinger, Sharon Stone et Michelle Pfeiffer sont les stars hollywoodiennes que j’allais voir au cinéma, en adolescent boutonneux, à l’orée des années 1980. À partir du grand écran ces dames illuminaient de leur beauté, de leur charme et de leur talent les salles de projection vétustes d’une Tchécoslovaquie communiste. Elles se déménaient dans un cadre particulier, aux couleurs vives où – après avoir trébuché devant de nombreux obstacles, parfois des dangers meurtriers – elles finissaient toujours par trouver leur bonheur. Lors des dénouements heureux de ces films, juste avant de retourner dans la réalité extérieure, morne et grise, j’expirais d’un soupir d’adulation, empris de rêve.
Entre-temps le rideau de fer est tombé, le communisme tchèque a fait faillite, les cinémas vétustes ont cédé la place aux multiplex modernes, il reste toutefois un îlot résistant aux changements : Kim Basinger, Sharon Stone et Michelle Pfeiffer. Comment cela est-il possible qu’elles continuent à rayonner de leurs sourires éclatants et de leurs peaux fines et fraîches ? Il y a derrière de la chirurgie esthétique et des injections de botox – c’est du moins l’explication que j’ai reçue. Dans un premier temps, j’ai été bouleversé par le manque de tact des mauvaises langues diffusant ces informations mais, après avoir fait mon petit calcul, j’en suis arrivé à la conclusion que les mauvaises langues devaient être proches de la réalité, à moins qu’on n’ait pas découvert la formule de l’élixir de la jeunesse éternelle à Hollywood.
En y réfléchissant plus en détail, je replonge dans le désespoir morne et gris : En quoi peut-on encore se fier dans ce monde, si ce n’est plus la beauté ?
Rue89, 17. 2. 2010





Au moins, James Dean n’a pas vieilli.
Je ne sais pas quelle recette il applique, le James : conservation de pellicules à sec et à température stable peut-être ?