La droite tchèque cherche l’ennemi à Bruxelles
Martin Daneš

Lors du congrès du Parti civique démocrate (l’ODS), tenu samedi dernier à Prague, le Premier ministre tchèque Petr Necas, qui est aussi le leader du parti, a promis d’organiser un référendum avant l’entrée du pays dans la zone euro. Fondé par l’actuel président Vaclav Klaus, ce parti libéral et conservateur est depuis longtemps opposé au projet de l’adoption de la monnaie européenne. Les délégués n’ont d’ailleurs pas ménagé leurs critiques envers la politique pratiquée dans la zone euro qu’ils ont qualifié de « zone de dettes ».
Autre cible de choix du congrès de l’ODS : le concept de multiculturalisme qui, pratiqué par les gouvernements occidentaux, est décrit comme un échec.
Le mal vient toujours de l’Occident
Au prime abord, il est plutôt curieux que les débats de ce congrès tournaient quasi-exclusivement autour des enjeux internationaux alors que, malgré les froids d’automne, la rue commençait à s’échauffer à Prague. Initiée par des réseaux sociaux une manifestation contre la politique du gouvernement Necas a le même jour rassemblé plusieurs milliers de personnes dans le centre de la capitale.
Après mûre réflexion, on constate qu’il n’y a rien de neuf dans cette rhétorique de l’ODS. Aux temps de son règne sans partages, le Parti communiste tchécoslovaque affrontait des problèmes intérieurs en dénonçant l’ennemi étranger. Pour les communistes tchèques d’avant 1989, il s’agissait surtout de Washington ; pour l’ODS, le mal vient aujourd’hui de l’Union européenne. Les discours des deux sont également hypocrytes : les commmunistes pliaient l’échine devant « les impérialistes » pour quémander la devise rare ; les députés de l’ODS qui pestent contre le « bureaucratisme bruxellois » ont l’organisation européenne sur leurs fiches de paye.
La rigueur et la hausse des impôts
Confrontés à la politique de rigueur menée par le gouvernement dit « de responsabilité budgétaire », les Tchèques n’attendent rien de bon de leur futur. Ce qu’on appelle les réformes des retraites, de la santé publique et du système social ne sont en réalité que des mesures limitant drastiquement l’engagement de l’État dans ces domaines qui passeront tous davantage à la charge individuelle des citoyens. L’augmentation du taux réduit de
Toutefois, la méthode consistant à détourner l’attention des gens vers l’ennemi étranger adoptée par le congrès de l’ODS risque de ne pas être payante : « les indignés » tchèques ont déjà réservé
Rue89, 26. 10. 2011




