Une « mafia homosexuelle » sévissant dans les Chemins de fer tchèques a été débusquée par un syndicaliste
Dans une Tchéquie où, pour des raisons historiques, les syndicats n’ont pas la bonne cote, M. Jaromir Dusek est l’un des rares parmi leurs leaders qui est connu du grand public. Longtemps à la tête du syndicats des cheminots et aujourd’hui chef du Syndicat des services et des transports, il ne fait pas dans la dentelle, jouant à merveille son rôle d’un homme issu du peuple. Dernièrement, il en a fait un peu trop. C’est du moins ce qu’affirment les médias de Prague.
« Trois homosexuels haut placés couvrent une structure mafieuse »
Dans une interview publiée le 6 avril dans le quotidien Lidove noviny, Jaromir Dusek s’en est pris vivement à la nouvelle direction de Ceske drahy, société des chemins de fer tchèque. Issue de la connivence du chef du secrétariat du gouvernement, du ministre des transports et du PDG de Ceske drahy, tous les trois homosexuels, une « mafia d’homos » se serait emparée de cette entreprise publique.
« J’envisage de lancer une association représentant la minorité des quatre pour cent d’hété-rosexuels et dont le but serait de lutter en faveur de l’égalité des chances. Franchement, j’ai déjà peur là-bas de me baisser pour ramasser un stylo tombé par terre. »
Selon Dusek, la « mafia homosexuelle » avait mis à la porte de nombreux gestionnaires chevronnés afin de les remplacer par des copains, tous du même bord et sans expérience, mais prêts à participer à des magouilles dont le but serait de gaspiller de l’argent publique.
Apôtre de la vérité ou homophobe anti-sémite ?
Suivant à ces propos, un tollé s’est levé à Prague et les hommes politiques de gauche et de droite ont dénoncé à l’unisson « l’excès intolérable » du leader syndicaliste. Dans un communiqué de presse Jan Fischer, le premier ministre, a accusé M. Dusek d’avoir suscité un climat d’homophobie :
« Il s’agit de l’attaque la plus primitive et la plus basse à la dignité humaine. »
Le chef du cabinet a invité le syndicaliste à s’excuser, sinon il ne s’assiérait plus à une table de négotiation commune avec lui. Les collègues de Dusek à la confédération syndi-caliste, pris de peur pour les pourparlers importants à propos de la taxation des bénéfices des travailleurs, ont immédiatement exclu celui-là de l’équipe chargée de cette négociation.
Et les média de Prague ressortent d’autres déclarations outrancières de Jaromir Dusek, encore jamais rendues publiques. Lors d’une réunion récente avec le gouvernement, le syndicaliste aurait notamment traité un investisseur potentiel de Tel-Aviv de « firme juive » au lieu de parler d’une « entreprise israélienne ». Selon la source dont l’identité n’a pas été révélée, le premier ministre, lui-même de confession juive, indigné, avait failli quitter la salle.
Le ministre fait protéger le trou du cul du syndicaliste
Confronté à cette huée Dusek prend sa défense, tout en refusant de revenir sur ses propres propos. Il affirme d’avoir à dessein employé une formule provocatrice, ceci pour se faire enfin entendre dans une affaire de malversations de fonds publics à Ceske drahy, qui s’éléverait à 8 milliard de couronnes tchèques (320 millions euros) et dont il dit posséder des preuves. Il se plaint de n’avoir pas jusque-là réussi à faire passer l’information par les médias, un journaliste lui ayant même confié que son chef lui avait interdit d’aborder le sujet. Et Dusek de clamer, à la Radio tchèque :
« Je n’ai aucun problème avec des homosexuels. Mais si une infime partie d’entre ces derniers se regroupe avec pour objectif de former une structure mafieuse, alors je dois le dire, comme je le dirais s’il s’agissait d’hétérosexuels et de blondes avec de gros seins. »
La première réaction du groupe visé par le syndicaliste ne s’est pas faite longtemps attendre. Le ministre des transports Gustav Slamecka, l’un des membres du trio d’homose-xuels influents présumés être à la tête de la mafia, vient d’interdire Jaromir Dusek d’accès au ministère qui partage ses locaux avec le siège de Ceske drahy. Dans une allusion à la peur affichée par celui-là de se baisser pour un stylo tombé par terre, le ministre s’est justifié :
« Oui, j’ai interdit Monsieur Dusek d’entrée. C’est pour sa sécurité personnelle que je l’ai fait, puisqu’il s’était senti en danger ici. »
Rue 89, 11. 3. 2010




